J'ai l'impression que notre existence est vide comme les poches d'un rmiste.
L'attente est tellement pénible qu'elle nous paralyse. L'autre jour, je me suis creusé la tête sur mon scooter en rentrant pour inventer un truc important qui me serait arrivé dans la journée mais j'ai eu beau chercher, je n'ai rien pu dire d'autre que des banalités qui s'étaient vraiment passées !
Mon père qui a 75 ans a une vie plus trépidante que la mienne. Il a des trucs à raconter au téléphone. Moi, rien.
Je me lève, je vais bosser, je bosse sans avoir la tête à mon affaire, je rentre, je mange toujours des tartines de beurre avec parfois du saucisson en buvant du coca, je regarde vaguement des daubes télévisuelles puis je vais me piauter après avoir lancé des téléchargements de musiques que je n'écoute jamais.
Résultat : je grossis à vue d'oeil !
Il paraît que cela porte un nom : la couvade. J'ignorais cela mais quand j'ai appris qu'un mot avait été inventé pour décrire ce processus d'engraissement solidaire, j'ai été vraiment rassuré parce que cela veut dire que je ne suis pas le seul à vivre cela.
Avec une telle vacuité, les sujets de conversation se réduisent comme peau de chagrin entre mon amoureuse et moi. Alors on parle de politique : les municipales, le libéralisme, la croissance, la politique sociale, le pouvoir d'achat. Excitant, non ?
Il va falloir prendre des mesures...
"Oui, et bien tu feras venir le sculpteur demain !"
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